Sur 4 modèles comparés, c'est le AQUAPHOR Onyx 4,2 L qui arrive en tête avec 6,7/10 (2 critères mesurés), suivi du Philips Water carafe filtrante 2,6 L et du LifeStraw Home carafe en verre.
Une carafe filtrante améliore le goût de l'eau du robinet. Elle ne traite pas le calcaire de votre logement, et l'agence sanitaire française a relevé sur ces appareils un effet de bord que les comparatifs passent sous silence. Nous avons relevé douze modèles et mesuré le chiffre qui décide réellement du coût : l'autonomie d'une cartouche, qui va de 75 à 757 litres selon les marques.
On note chaque adoucisseur d'eau sur autonomie de la cartouche, capacité totale et étages de filtration, face à un relevé de 147 modèles. Aucun test en interne. 8 modèles, 4 notés.
Cochez 2 à 4 modèles pour les comparer.
Le trio de tête, puis le détail chiffré de nos meilleurs modèles.
Noté sur 2 critères sur 3
Le mieux noté parmi les modèles assez documentés, porté par capacité totale (9,4/10).
Voir l’analyseNoté sur 2 critères sur 3
Son point fort : capacité totale, noté 6,2/10.
Voir l’analyse| Modèle | Autonomie de la cartoucheplus haut = mieux | Capacité totaleplus haut = mieux | Matièreselon le besoin | Étages de filtrationplus haut = mieux | Note |
|---|---|---|---|---|---|
| 1AQUAPHOR Onyx 4,2 L | 200L | 4,2L | Plastique | — | 6,7/10 |
| 2Philips Water carafe filtrante 2,6 L | 100L | 2,6L | Plastique | — | 4,8/10 |
| 3LifeStraw Home carafe en verre | 150L | 1,6L | Verre | — | 4,1/10 |
| 4BRITA Style Essential | 150L | — | Plastique | 4etapes | 3,9/10 |
| 5BRITA Marella XL 3,5 L | — | 3,5L | Plastique | 4etapes | — |
Valeurs constructeur ramenées à la même unité pour être comparables. La meilleure valeur de chaque colonne est signalée, sauf lorsque tous les modèles se valent.Une case vide indique un chiffre que le fabricant ne documente pas.
C'est ce qu'une carafe fait le mieux, et à peu de frais. Le charbon actif retient le chlore, qui est la première cause du goût désagréable d'une eau du robinet par ailleurs conforme. Pour cet usage, le critère à regarder n'est pas la performance annoncée mais le coût : combien coûte une cartouche, et combien de litres elle tient.
Alors la carafe ne fera presque rien pour vous. Elle adoucit le litre et demi versé dedans, pas l'eau qui alimente votre ballon, votre lave-linge et votre robinetterie. Ce sont pourtant eux qui coûtent cher quand l'eau est dure. Commencez par relever la dureté de votre commune : au-dessus de 15 °f, seuil posé par l'ANSES, c'est l'eau de la maison qu'il faut traiter.
Lisez d'abord ce que dit l'agence sanitaire. Une eau dont on a retiré la dureté devient plus agressive, et l'ANSES rapporte qu'elle dissout le nickel des bouilloires à des concentrations mesurées jusqu'à cinquante fois la limite de qualité. Le phénomène s'observe surtout pendant la première moitié de vie de la cartouche.
Une carafe n'est pas l'appareil pour ça, et ses fabricants ne le promettent d'ailleurs pas tous. C'est le travail d'un osmoseur, posé sous un évier : notre comparatif explique ce qu'il retient et ce qu'il coûte.
C'est par là qu'il faut commencer, et c'est le chiffre que les comparatifs ne mettent jamais en regard du prix. Sur nos douze modèles, l'autonomie annoncée va de 75 litres pour la ZeroWater à 757 litres pour la Waterdrop ED01W, avec 150 litres pour les cartouches MAXTRA PRO de Brita et 200 litres pour l'Aquaphor Onyx. Un facteur dix.
À prix de cartouche comparable, une carafe qui tient deux fois moins de litres coûte deux fois plus cher à l'usage. Sur trois ans, l'écart dépasse largement la différence de prix d'achat entre deux carafes.
Une réserve, et elle compte : les procédés ne font pas le même travail. Une résine échangeuse d'ions qui retient plomb, métaux lourds et solides dissous s'épuise plus vite qu'un charbon actif qui traite surtout le goût. Une autonomie faible n'est donc pas toujours un défaut, c'est parfois le prix d'une filtration plus poussée.
C'est le piège de spec de ce rayon, et un fabricant l'écrit noir sur blanc. Amazon Basics annonce une carafe « de 2,3 l et d'une capacité de filtration de 1,4 l ». Brita décrit sa Marella XL comme une « capacité totale de 3,5 L pour 2,3 L d'eau fraîche et filtrée ».
Autrement dit : le chiffre affiché partout comprend l'entonnoir, où l'eau attend d'être filtrée. Le volume réellement disponible tourne autour des deux tiers. Nos douze modèles s'étalent de 1,3 à 4,2 litres de capacité totale, donc en pratique de moins d'un litre à un peu moins de trois.
Deux de nos douze modèles sont en verre borosilicaté, la Brita en verre et la LifeStraw Home. Ils coûtent nettement plus cher, entre 55 et 80 euros contre 17 à 46 pour le plastique.
Ce que le verre apporte est réel mais limité : il n'absorbe pas les odeurs, ne se raye pas, ne jaunit pas, et supporte l'eau chaude. Ce qu'il coûte l'est aussi : le poids, la fragilité, et le prix. Sur la filtration elle-même, la matière du récipient ne change rien, c'est la cartouche qui travaille.
Deux familles de procédés cohabitent, et la plupart des cartouches combinent les deux. Le charbon actif retient le chlore et les composés qui donnent un goût. La résine échangeuse d'ions retient des ions, donc le calcium, le magnésium, et selon les résines le plomb ou le cuivre.
C'est cette seconde famille qui explique l'effet de bord décrit plus bas : en retirant la dureté, elle rend l'eau plus agressive. L'avis de l'ANSES du 19 octobre 2016 décrit précisément ces « résines échangeuses de cations utilisées pour l'adoucissement ou la décarbonatation, élimination du calcium et du magnésium ».
L'avis mérite d'être cité tel quel plutôt que résumé :
> « Les données disponibles ne permettent pas d'évaluer l'efficacité réelle de toutes les carafes filtrantes commercialisées »
L'agence demande que « les revendications d'efficacité devraient être vérifiées par des essais normalisés » et que « les taux d'abattements des paramètres testés devraient figurer sur les emballages ». Au moment de l'avis, un acheteur n'avait donc aucun moyen de vérifier ce qu'on lui promettait.
Elle ne conclut pas au danger, et elle ne conclut pas à l'absence de risque : la filtration « peut entraîner un abaissement du pH, une libération d'argent, de sodium, de potassium et/ou d'ammonium ainsi qu'une altération de la qualité microbiologique de l'eau ». Et cette phrase, qu'il faut lire avant d'acheter une carafe pour se rassurer : « les carafes et bouteilles filtrantes ne sont pas conçues pour rendre potable une eau qui ne le serait pas ».
C'est la partie de l'avis que personne ne reprend. L'ANSES rapporte que « le contact avec de l'eau filtrée sur des carafes favorisait la dissolution de métaux, particulièrement de nickel, présents dans des bouilloires ou des casseroles », avec « des concentrations en Ni de l'ordre de 1 mg/L », soit « des valeurs 50 fois supérieures à la limite de qualité ».
Et l'agence précise pourquoi le cas n'a rien de théorique : au vu de la réduction de dureté revendiquée sur les emballages, utiliser cette eau pour une boisson chaude est « un scénario plausible ». Le phénomène s'observe pendant la première moitié de vie de la cartouche et s'estompe ensuite.
Une cartouche saturée ne filtre plus, et l'avis signale en plus une altération possible de la qualité microbiologique en fin de vie. Plusieurs modèles embarquent un indicateur, électronique chez Philips et Brita, mécanique ailleurs.
Un chiffre du même avis dit l'état de l'information donnée aux acheteurs : sur les neuf manuels examinés par l'agence, deux seulement précisaient que la durée d'utilisation et l'efficacité de la cartouche varient selon la dureté de l'eau du robinet.
Une carafe filtrante enlève-t-elle le calcaire ?
Elle réduit la dureté du litre et demi qu'on verse dedans, grâce à une résine qui retient le calcium et le magnésium. Mais elle ne touche pas l'eau qui alimente le logement : le ballon d'eau chaude, le lave-linge et la robinetterie continuent de s'entartrer comme avant. Pour le tartre de la maison, c'est la dureté du réseau qu'il faut traiter.
Quelle carafe filtrante coûte le moins cher à l'usage ?
Ce n'est pas la moins chère à l'achat, c'est celle dont la cartouche tient le plus de litres. Sur nos douze modèles, l'autonomie annoncée va de 75 litres à 757 litres, un facteur dix. À prix de cartouche comparable, une carafe qui tient deux fois moins de litres double le coût au litre filtré. Attention toutefois : une résine qui retient les métaux lourds s'épuise plus vite qu'un charbon actif qui traite le goût.
Pourquoi ma carafe de 2,4 L ne contient-elle qu'un litre et demi d'eau filtrée ?
Parce que la capacité annoncée est la capacité totale, entonnoir compris, où l'eau attend d'être filtrée. Les fabricants l'écrivent parfois eux-mêmes : Amazon Basics annonce une carafe de 2,3 l pour une capacité de filtration de 1,4 l, et Brita décrit sa Marella XL comme 3,5 L au total pour 2,3 L filtrés. Comptez environ les deux tiers.
Peut-on remplir une bouilloire avec de l'eau filtrée en carafe ?
L'ANSES signale que l'eau filtrée, devenue moins dure donc plus agressive, favorise la dissolution du nickel des bouilloires et des casseroles, avec des concentrations mesurées jusqu'à cinquante fois la limite de qualité. Le phénomène s'observe surtout pendant la première moitié de vie de la cartouche. L'agence juge ce scénario plausible, précisément parce que la réduction de dureté est revendiquée sur les emballages.
Une carafe en verre filtre-t-elle mieux ?
Non. La matière du récipient ne change rien à la filtration, qui est le travail de la cartouche. Le verre borosilicaté n'absorbe pas les odeurs, ne se raye pas et supporte l'eau chaude, mais il est plus lourd, plus fragile et nettement plus cher : entre 55 et 80 euros sur notre relevé, contre 17 à 46 euros pour le plastique.
Que dit l'ANSES de l'efficacité des carafes filtrantes ?
Dans son avis du 19 octobre 2016, elle écrit que les données disponibles ne permettent pas d'évaluer l'efficacité réelle de toutes les carafes commercialisées. Elle demande que les revendications soient vérifiées par des essais normalisés et que les taux d'abattement figurent sur les emballages. Elle rappelle aussi que ces carafes ne sont pas conçues pour rendre potable une eau qui ne le serait pas.
Une carafe filtrante retire-t-elle les nitrates et les pesticides ?
Ce n'est pas ce pour quoi elle est faite, et l'agence sanitaire relève que les revendications des fabricants ne sont pas vérifiables en l'état. Pour viser nitrates, pesticides ou métaux lourds sur l'eau de boisson, l'appareil adapté est l'osmoseur, posé sous un évier.
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